Des hommes et des dieux

Olivier Rabourdin. Mars Distribution

Mars Distribution

Film admirable que celui de Xavier Beauvois, Grand Prix du jury à Cannes. Admirable pour sa lucidité, sa façon de montrer mais pas de juger, de parler d’êtres humains plutôt que de religion, de toucher malgré un cadre assez froid (du moins, au départ), son humilité et sa colère, colère contre l’obscurantisme et la bêtise.
Des hommes et des dieux a été la surprise du Festival, parce que profondément beau, bouleversant, humain. C’est dans sa sobriété bienvenue que le film touche. Pendant 2 heures, Beauvois nous promène dans ce monastère, nous fait participer aux prières, aux repas et puis aux réflexions des moines. Le climat dans la région est tendu, le terrorisme fait rage, des gens tuent, l’incompréhension et la terreur s’installent. Faut-il partir et vivre, ou rester et mourir? Interrogations, peurs, hésitations…Beauvois installe une sorte de tension et l’on se prend à trembler avec eux. Et pour eux. Bien que la fin soit connue, elle s’avance inexorable dans ses paysages enneigés. C’est la tête haute que les moines partent, forcés par leurs kidnappeurs. Le silence se fait dans le monastère, des prières, il n’y en aura plus. Dans nos têtes résonnent encore la musique du Lac des Cygnes, qui accompagnait une des plus belles scènes du film. La mort, on ne la verra pas, Beauvois a la finesse de ne pas la filmer, mais de finir son film sur le testament de frère Christian. Des hommes et des dieux est donc un film lumineux sur le massacre des moines de Tibhrine (1996) mais qui préfère s’attacher à la vie, à la générosité, à la ténacité de ces moines, qui ont fait le choix de rester, coûte que coûte.
Et puis, il y a la grandeur et la majesté de Michael Lonsdale et Lambert Wilson, magnifiques.

 

 

 

 

 

 

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