Silence

Silence, le nouveau long-métrage de Martin Scorsese se révèle un film mineur dans sa filmographie alors qu’on peut considérer qu’il est aussi un de ses plus personnels. Film mineur certes, mais pas au niveau de la durée (environ 2h40) et de l’histoire qui se déploie telle une grande fresque spirituelle : deux prêtres jésuites se rendent dans le Japon médiéval (XVIIème siècle), pour retrouver le père Ferreira, leur mentor disparu. Les rumeurs l’accusent d’avoir renié sa foi. D’autres disent qu’il serait mort. Le père Rodrigues et le père Garupe décident malgré tout de se lancer dans ce dangereux voyage et de risquer leurs vies. Ils verront leur foi confrontée aux pires épreuves. La foi, donc, grande thématique de cette oeuvre – thématique que l’on avait pu retrouver dans de nombreux films du cinéaste, mais qui devient ici le pivot central. Un questionnement, un dilemme, que va ressasser Scorsese tout au long du film. Filmer le doute qui ronge Rodrigues, le personnage principal, son combat intérieur. Face aux terribles épreuves endurées autour de lui et par lui, Rodrigues, questionne sa foi et Dieu. Et face à son silence, voit ses croyances et certitudes s’effondrer. Assez violent, le film met en scène les tortures psychologiques mais surtout physiques que les chrétiens, clandestins, subissaient par l’inquisition japonaise. Pour y échapper, on leur propose de renoncer publiquement à leur foi. Sinon de continuer à endurer des souffrances extrêmes. Mais peut-on vivre en paix avec soi-même après avoir renié sa foi ? Un discours un peu pesant par moment, qui risque fort de perdre en cours de route les athées et ceux qui ne s’y intéresse guère, d’autant que le film est assez lent et long. Pourtant, malgré l’accueil très mitigé qu’a reçu le film, Silence vaut le coup d’être vu. Pour ses images, ses décors, sa photographie, absolument sublimes. Pour sa résonance avec le monde actuel. Pour ses excellents acteurs, Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson et les acteurs japonais : Yôsuke Kubozuka, Yoshi Oida et Issey Ogata. Et parce que malgré le contexte historique et une thématique prédominante, voire écrasante, les personnages de Silence rejoignent certains des autres films de Martin Scorsese: ce sont des hommes qui essaient de survivre, confrontés à la haine, la violence, la cruauté, la terreur. Mais qui lutteront pour leurs idéaux et ce en quoi ils croient jusqu’au bout. On aurait néanmoins aimé plus d’émotions, plus de puissance, pour que Silence fasse partie des incontournables du cinéaste.

 

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